jeudi 12 mai 2016

LA TERRE, LES HOMMES

ET LE POUVOIR DES DIEUX
«Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes dont ils devront rendre compte; qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage.» (HÉBREUX 13, verset 17)
«Il est des endroits où même la mort peut mourir.» (H.P. Lovecraft)

Lorsque Milo Marcelin écrivit son ouvrage1, il avait sûrement oublié de mentionner que, depuis les temps immémoriaux, les hommes ont été des créateurs de mythes. Quête utopique devant l’origine de la Vie, devant la hantise de la Mort, ou la peur de l’Inconnu. Les hommes se sont toujours raconté des histoires dans le but de mieux comprendre l’univers qui les entoure ou de faire face à la souffrance. Mais après plusieurs siècles d’appréhension de la Connaissance, l’illusion rationaliste s’est vite emparée de l’illusion poétique ou métaphysique, et on assiste dès lors à l’association du mythe au mensonge; ce qui le discrédite malheureusement comme une déformation de la Vérité. Les mythes ont au contraire pour fonction, entre autres, «de nous aider à voir l’envers du décor et le sens caché derrière le visible et l’immédiat.» Le rôle des mythes ou de l’imaginaire, n’est-ce pas de nous susciter à mieux vivre dans l’illusion ou dans l’attente d’une humanité plus réconfortante.
L’ORIGINE DES LOAS ET LES LOAS D’ORIGINE
Dans le contexte de la légende du vaudou, les loas1-6 sont des divinités, des génies, des esprits ou des êtres surnaturels et puissants, qui ont des dons démesurés auxquels s’accommodent certains humains par pure obligation, par cupidité ou par curiosité dans le but de parfaire leur connaissance. Les loas sont d’origine mystérieuse, d’où leur appellation d’anges, de «mystères», voire de diables pour les non partisans du vaudou (catholiques et protestants).
Dans l’imagerie des non-adeptes de ce culte, les loas et le vaudou tirent leur origine de l’Afrique ancestrale et satanique, plus précisément du polythéisme Fon et Yorouba pratiqué dans le golfe du Bénin. A cela s’ajoutent des cultes dahoméens et autre curiosités mystiques ramassées lors de la Traite des nègres (Europe, Afrique, Antilles ou Amériques). Car les Amérindiens, avant Christophe Colomb et les «conquistadores» qui le suivirent, servaient des dieux, les Zémès2,7. D’où le terme créole «Franc Guinen» (franc généré, franc engendré) qui se réfère au peuple précolombien dont les Ancêtres, les Atlantes - tout comme Jésus - naissaient d’une seule chair. À cette époque, les femmes pouvaient, après l’ovulation, se féconder elles-mêmes, sans apport de germe mâle extérieur. Cette faculté se nomme «Immaculée Conception» ou franche génération (Henry-Claude Innocent, conférence, 1995). Cependant, chez l’Haïtien d’hier et d’aujourd’hui, ceci est le prototype d’un comportement ésotérique basé sur la non violence et le respect des lois de la Nature.
Du choc mystique entre les dieux africains - les loas - et ceux des Indigènes des trois Amériques, naquirent une nouvelle race d’esprits ou de génies difficile à dénombrer, à classifier et surtout à dénommer. Ces nouveaux loas ont été, sûrement par souci d’ordre hiérarchique, surnommés «loas créoles ou indigènes» et «loas d’habitation ou domestiques», notamment pour les esprits des ancêtres aussi bien que pour les Gardes (esprits guerriers) nés pour la plupart parmi les marrons de l’esclavage (Jean Zenga, Biassou, Charles Belair, Hallalou, Romaine, Mackandal, Makaya, etc.) que les loas avaient initiés à Saint-Domingue.
D’où le culte «Makaya» ou culte de Simbi Makaya qui est constitué par une sélection de rites guerriers tirés des rites Rada, Pétro, Bisago (Bizango), Mandengue, Nago, Bambara, Ibo, Peul, Congo… venus d’Afrique. Le «Makaya», à l’opposé du «Guinen», est très expéditif et, paraît-il, peu soucieux du respect des lois cosmiques. Il existe historiquement cinq grands moments dans l’évolution du culte Makaya-Bizango en Haïti : les règnes de Dessalines, de Pétion-Boyer, de Soulouque, de Duvalier et d’Aristide-Préval.


Danmbala et Ayida, loas de la symbiose et des relations humaines; protecteurs des couples. Nancy Tournier Férère

A l’instar de plusieurs chercheurEs 1-3, 8-13, nous croyons que les Sciences Occultes du Vaudou se basent sur une généalogie des dieux, leurs relations mutuelles, leurs fonctions, leurs classifications, aussi bien que sur un mélange de rites (Rada, Pétro, Congo, Nago, Ibo, Zandor, etc.), de motifs (vèvès) et de symboles kabbalistiques; à la fois mi-religieux, mi-animiste et mi-scientifique. Ces rites - Rada qui correspond à l’Air; Pétro au Feu; Congo à l’Eau; Ibo au Verbe, Nago au Métal, et An-Mine à la Terre - sont destinés à honorer les loas, à les contacter et à les vénérer au cours d’une cérémonie1-3.
L’arrivée d’un loa se manifeste par la possession d’un sujet11, en passant par ses caractéristiques lors d’un choc émotionnel, d’un deuil, d’un incident inattendu et inhabituel, des noces, des danses et des cérémonies présidées par un Hougan ou une Mambo. Le loa peut chevaucher ou visiter son fidèle même durant le sommeil. Ces esprits omniprésents et puissants contrôlent des vies humaines et sollicitent en échange du respect et de la loyauté envers eux. Ils nous rappellent très souvent que tout Esprit est jaloux, et même Dieu, le Grand Tout, le Grand et inaccessible Olohoum, que personne d’ailleurs n’a jamais vu.
En Haïti, ils sont trop souvent sollicités par les habitants de ce pays, précisément lors des séances de guérison, par souci matériel ou pour des besoins de protection. Ils sont alimentés par la classe politique3, les commerçants de la bourgeoisie marchande, les militaires et le bas-peuple3, 12-13. Et puisque chaque famille haïtienne a son protecteur ou ses loas6, 14-15, il est donc facile de s’imaginer le nombre de «services», de cérémonies ou d’actions de grâce commandités par l’ensemble de la population haïtienne au cours d’une année.
Quel héritage d’Afrique14-15 que cette panoplie de génies aux quatre éléments (eau, terre, feu, air) qui correspondent à, entre autres, Agouet Aroyo (Eau), Erzulie (Terre), Ogou (Feu) et à Nibo (Air). Des quatre coins cardinaux (Ouest: eau, le matériel; Nord: terre, la production, la créativité et la survie; le Sud: feu, la consommation et la transmutation; Est: air, le spirituel et la renaissance), ils sont toujours à leur poste de protection et de combat3, 17.
Aux dieux, aux esprits-loas et aux esprits-hommes (loas achetés), sont dédiés des oraisons et incantations1, des danses et chants1, 10, des temples (hounforts)2, 16 pour prier et demander, vénérer et honorer. En effet, ceux-ci guident, conseillent, prédisent l’avenir, et même punissent la désobéissance d’un serviteur. Une plainte peut aussi être déposée auprès d’un génie ou loa contre un affront fait à un adepte.
Les loas sont associés, paraît-il, depuis l’esclavage à Saint-Domingue aux Saintes de l’Église Catholique. Ils sont souvent identifiés ou assimilés aux images des personnages saints figurés dans les chromos catholiques.
  • Damballah «Arc-en-ciel» est représenté par Moïse (rite Rada);
  • Damballah «La-Flambeau» par Saint Patrick (rite Pétro);
  • Tokan Aïda Ouèdo - le principe féminin de Damballah - par Notre Dame de l’Immaculée Conception ou Sainte Véronique;
  • Piè (Pierre) Damballah et Piè Dantor par Saint Pierre;
  • Grann (Grand-mère) Alouba ou Aloumandia est identifiée à Sainte Anne;
  • Legba Mèt Kafou (Maître Carrefour) par Saint Lazare;
  • Legba Mèt Pòtay (Maître Portail) par Saint Pierre;
  • Atibon Legba par Saint Antoine (l’Hermite, rite Rada; de Padoue, rite Pétro);
  • Simbi dlo (eau) par Saint Raphaël;
  • Simbi Andeïzo (entre deux eaux) par Saint André;
  • Azaka Médé par Saint Isidore le Laboureur;
  • maîtresse Erzulie Fréda Dahomey par Sainte Rose, Vierge Miracle, Mater Dolorosa, Vierge Caridad ou encore Sainte Élisabeth;
  • maîtresse Erzulie Dantor par Notre Dame de Czestochowa - Mater Salvatoris, la Vierge Noire de Pologne -, Notre Dame du Mont-Carmel, Notre Dame du Perpétuel Secours ou Notre Dame d’Altagrâce;
  • maîtresse LaSirène par Notre Dame de l’Assomption;
  • Baron Samedi par Saint Martin de Porrès;
  • Guédé Nibo par Saint Gérard de Majella;
  • Baron LaCroix par Saint François d’Assise;
  • Bossou Trois Cornes par Saint Vincent;
  • Ogou Batallah par Saint Philippe;
  • Ogou Balendjo par Saint Jacques le Majeur; Ogou Ferraille et Shango par Saint Georges;
  • Ogou Badagri par Saint Joseph;
  • Ogou Saint Jean ou Jean Dantor par Saint Jean le Baptiste;
  • Agassou Gnenin (Djémé) par Saint Augustin;
  • mambo Aïzan Vélékété par Jésus-le-Christ durant son baptême;
  • Lenglesou par Jésus-Christ crucifié et ensanglanté sur la Croix;
  • Loko Atissou (Papa Loko, médecin et hougan);
  • le gardien des hounforts, par Saint Joseph;
  • maîtresse Clermesine Clermeil par Sainte Claire;
  • maîtresse Philomise Pierre par Sainte Philomène;
  • Saint Nicolas et Sainte Lucie, considérés comme les parents des loas Marassa, par Saint Côme et Saint Damien, les Jumeaux monozygotes catholiques.
 Les loas ou «mystères» sont fêtés au jour anniversaire des Saints auxquels ils sont identifiés.
Bref, il est à noter que les dieux Legba, Ogou et Erzulie sont parmi les loas les plus représentatifs dans les chromos populaires des images catholiques. Cette dichotomie ou plutôt le syncrétisme observé, utile jusqu’à présent, prit naissance dans les «cases nègres» afin d’éviter, sans nul doute, les foudres du Commandeur ou du Colon qui voulait à tout prix «civiliser» les esclaves. Chaque «esprit» de l’Afrique fantôme, non oubliée, était représenté par un Saint de l’Église Catholique, correspondant à son image et à son pouvoir divin. Les esclaves africains, en se prosternant devant une image d’unE SaintE, mentalement se projetaient vers l’Alma Mater, l’Afrique perdue à jamais mais gardée secrètement dans leur mémoire.
LA VÉRITÉ DES DIEUX
Existe-t-il une vérité même pour les dieux? Cache-t-on des «choses» depuis la fondation du monde?18 Les loas, esprits, anges, existent-ils vraiment?4, 19 Les Saints catholiques ont-ils remplacé les dieux de l’Antiquité? Qui est le Saint Graal? Qui est Jésus Christ?17, 20-21 Quel fut le secret des Templiers?20 Qui sont vraiment Confucius, Mahomet et Bouddha?22 Autant de questions pour autant de réponses gardées secrètes par les détenteurs et les héritiers du pouvoir divin sur terre, les hommes de l’Église.
Mais, n’est-ce pas un «esprit» qui arrêta le bras d’Abraham; un «esprit» qui annonça à Marie qu’elle va être mère de Jésus; un «esprit» qui dicta à Mahomet un livre, le Coran, qui bouleversera l’Orient? Jeanne d’Arc, n’a-t-elle pas été guidée par des «saintes» face au tribunal de l’Inquisition? L’Archange Saint-Michel est-il si différent du «Ogou» haïtien ou africain? Si l’on comprend bien10, 17, qu’il s’agisse du «diamon» grec, des «djinn» arabes, des «anges, archanges, trônes et dominations», ils sont de tous les temps et de toutes les civilisations. Chaque peuple donne aux «esprits» les noms qui lui conviennent. Il s’agit vraisemblablement des mêmes «esprits» sous des appellations différentes.10, 15
Néanmoins, il existe en Haïti et autres lieux une multitude de loas créoles, indigènes ou régionaux, paraît-il incalculables, qui régit la vie au quotidien.
Les plus célèbres de ces loas et divinités sont:
  • les Erzulie (Fréda, Dantor, Mapiangueh, Balian, Borang, Taureau, Guétor, Kaoulo, etc.);
  • les Ogou (Batallah «le Patriarche des Ogou», Balendjo, Badagri, Ferraille, Ashadeh, Yamsan, Bacouleh, Shango, Ossangne et consorts);
  • les frères Zaka (Azaka Médé, Limba, Guidi, Guesci);
  • les sept Legba (Legba Avadra, GrandChemin, Atibon, Kafou, Zanclian, Fleuroundé...);
  • les Simbi ou les Saints de l’eau (Simbi Andeïzo, Simbi Am-po-lha, Simbi Iom-pha-ca);
  • les Marassa (Marassa Dosou, Dosa, Dogué, Marassa Kay, Marassa Bois, Marassa Guinen, Marassa Congo, Marassa Zinsou, Zinse, Marassa Carrefour);
  • les Guédé (Les Guédé «fils légitimes de Baron Samedi», Guédé Nibo, Brave Guédé, Guédé Loray, Guédé Ti-Wawé, Mazaka LaCroix, Guédé Zaryen, les Guédé créoles);
  • les Baron (Baron Samedi, Baron Cimetière, Baron LaCroix) et Grann Brigitte (femme de Baron Samedi);
  • les Pierre (Pierre Damballah, Papa Pierre, Pierre Dambara, Pierre Balawe);
  • Agouet Aroyo et Maîtresse LaSirène (son épouse);
  • Damballah et Aïda Ouèdo (son double féminin).
Douze importants loas des trois principales nations (Rada, Pétro, Congo) parmi les vingt et un que l’on connaît du Panthéon haïtien, sont ici présentés.
  • Legba, gardien des barrières, maître des carrefours, qui a le pouvoir d’ouvrir les portes de la Connaissance et de la Vérité;
  • Erzulie Fréda, fille d’Agoué, symbole de la prospérité, déesse de la passion et de l’amour;
  • Erzulie Dantor, esprit de la fertilité, mère nourricière (Athéna), mais de l’amour aussi (Athor);
  • Ogou-Ferraille / Ogou-Shango, esprit de la guerre et du fer / esprit du feu, symbole de la virilité;
  • Cousin Zaka, esprit protecteur des paysans et des récoltes;
  • GrandBois, le grand dieu Pan, esprit des bois et forêts;
  • Simbi, esprit protecteur des magiciens et de tous ceux qui pratiquent l’occultisme;
  • Marassa, les esprits jumeaux, symbole de la gémelliparité dont le rôle est l’enfance du monde;
  • Agouet Aroyo (Agoué), dieu de la mer et des océans, symbole de l’ultime stade de l’initiation sous l’eau;
  • Damballah, le dieu des dieux - le culte de Damballah -, le maître suprême, détenteur de la Connaissance et de pouvoirs magiques extrêmes - symbole : le serpent, l’arc-en-ciel et l’éclair -;
  • Aïzan, esprit de l’Initiation et de Pureté qui éclaire les routes des initiés et de l’Astral, loa exorciseur et purificateur;
  • Baron Samedi, divinité de la mort, chef des Guédé, le Maître des maîtres, le maître des cimetières.
Bref, ils sont pour la plupart, sinon tous, des loas hermaphrodites ou androgynes (Erzulie, Damballah, Agoué, Simbi, Marassa), comme l’Homme l’était d’ailleurs auparavant. Adam et Ève, avant leur séparation, étaient les jumeaux de Dieu. D’aucuns, en Haïti comme à l’étranger, pensent tout haut que ces superbes génies ne sont que des anges rebelles, échus au premier ciel (Terre) pour se racheter. Nous nous demandons, dans l’optique de la vérité et de la géographie des lieux, pourquoi Haïti serait-elle, pour comble de nos malheurs, le lieu par excellence de la dérive de la foi en Dieu? Et à quel titre, lorsqu’elles viennent des Caraïbes ou de l’Afrique, des croyances qui sont familières aux autres23-26 sont si dénigrées?
Dans le contexte d’une correspondance10, 15 entre les dieux haïtiens ou africains et les mythologies grecques, romaines, celtiques ou germaniques, force est de constater que
  • le puissant Legba, le gardien des portes de l’Invisible, l’Introducteur auprès d’autres dieux, serait l’équivalent de Zeus (Grec), de Jupiter (Romain), de Taranis (Celte) et de Tiwar (Germain);
  • le dieu des mers, Agoué, serait Poséidon (Grec), Neptune (Romain), Liyr et Mananan (Celte), Aegir Njorther (Germain);
  • la déesse Aïzan serait Cérès (Grec), Déméter (Romain);
  • les esprits jumeaux, Marassa, seraient Les Dioscures (Romain), Emmain et Macha (Celte), Alci (Germain);
  • le suprême dieu, Damballah, serait Dionysos (Grec), Bacchus (Romain), Nidhoggr (Germain);
  • le dieu de la guerre, Ogou, serait Arès (Grec), Mars (Romain), Teutatès (Celte), Thor et Watan (Germain);
  • le dieu laboureur, Zaka, serait Esos et Amatheon (Celte);
  • la déesse du plaisir et de l’amour, Erzulie Fréda, serait Aphrodite (Grec), Vénus (Romain);
  • la maîtresse passionnée, Erzulie, serait Artémis (Grec), Proserpine (Romain), Dana (Celte), Hertha (Germain);
  • l’esprit de la mort, Guédé, serait Priape (Grec), Priape (Romain), Fomori (Celte), Loki (Germain);
  • le dieu des forgerons et des armées, Ogou Ferraille, serait Héphaïstos (Grec), Vulcain (Romain), Gobannon (Celte);
  • la Reine des reines, Erzulie Dantor, serait Perséphone (Grec);
  • Ogou Saint Jean serait Hermès et Criophore (Grec), Mercure (Romain), Lug (Celte).
Certes, il est important de noter que les Européens comme les Africains n’échappent pas à l’emprise des dieux sur leur monde, et que ces «esprits» sont de tous les temps et de tous les pays.
  • Saint Jacques Majeur, n’est-il pas le Patron des Espagnols (ville de Compostelle)?
  • Saint Georges, celui des Libanais;
  • Saint Joseph, celui des Montréalais;
  • Saint Jean Baptiste, celui des Québécois;
  • Agoué règne sur Haïti et sur toutes les îles;
  • Notre Dame du Perpétuel Secours sur Port-au-Prince;
  • Saint Patrick patronne les Irlandais;
  • Baron règne en maître sur les Chinois (depuis la dynastie Ming);
  • et Damballah ou Agoué sur les Japonais.
  • Alexandre le Grand, ne servait-il pas Zeus;
  • sa mère, Dionysos;
  • Cléopâtre, la Grande Isis, la déesse panthée dont les Gaulois vénéraient.
  • Damballah, aux gestes d’extravagance, ne chevauche-t-il pas précisément les Rois et Empereurs?
  • L’Europe de l’Est et l’Afrique, ne sont-elles pas patronnées par la vénérable Mère Universelle, la Vierge Noire, la Mater Salvatoris?
  • La Grèce, La France et l’Angleterre par la Mater Dolorosa?
  • Nostradamus, par Saint Antoine ou Legba?
Tout pour ainsi dire que les «esprits, loas, anges ou mystères» sont aussi vieux que le monde et contrôlent nos destinées à la baguette de l’Apocalypse… et que l’eau (Agoué), la terre (Dantor), le feu (Ogou) et l’air (Nibo) sont en principe des divinités du vaudou.
GLOSSAIRE 
Abobo (Ayibobo) : Ainsi soit-il, Amen.
Ago-é : Exaucez-nous.
Assogoué : C’est l’Initié au troisième degré.
Asson (açon) : Hochet rituel composé de vertèbres de couleuvre entrelacées.
Assotor : Le plus grand des tambours sacrés.
Bagui : Le bagui ou badji est l’oratoire (rogatoire) personnel du Hougan, lieu privé et privilégié où logent les esprits.
Bassin Saint Jacques : Lieu de pèlerinage où les serviteurs du vaudou se purifient dans un bassin de boue – limon de terre - , l’élément originel.
Boula : Le plus petit des tambours sacrés de la batterie Rada.
Boulé-Zen : C’est une cérémonie qui consiste à enflammer l’huile dont on a préalablement enduit des vases d’offrandes. Épreuve publique du feu à laquelle sont soumis les initiés.
Canzo (Kanzo) : Individu qui a reçu l’Initiation vaudou au cours de la cérémonie-canzo. L’Initié-Canzo est capable de toucher au feu sans se brûler.
Caprelata : Mot synonyme de «degré» ou «point» dans la magie vaudou (Sud d’Haïti).
Croix-signer : Tracer une croix sur un objet ou sur une personne.
Desounen : Cérémonie de «dégradation» visant à enlever les pouvoirs mystiques d’un initié après sa mort.
Divinor : L’équivalent du Hougan (devin) dans le Sud d’Haïti.
Djèvo (Guévo) : Cellule initiatique, une des dépendances du sanctuaire vaudou.
Djinn : G énie, dans le vocabulaire arabe.
Garde : Sorte de talisman au pouvoir magique que portent les vodouisants. Se dit aussi des esprits-hommes.
Govi : Désigne une cruche d’où parlent les esprits. On invite les loas à y descendre.
Guignon : Mauvais sort.
Hougan : Prêtre du vaudou. Selon ses fonctions, il est appelé «divinor», «bocor» ou «docteur-feuille».
Hounfort : Le hounfort ou temple vaudou est une sorte de couvent où l’on apprend à connaître les divinités.
Houguenikon : Il dirige le chœur de la société des hounsis dans le hounfort, et se charge «d’envoyer» des chants. On parle de reine-chanterelle lorsque le rôle est tenu par une femme.
Houngnor : Nouveaux initiés.
Hounsi : Servante du temple, vêtue de blanc, qui assiste le Houngan ou la Mambo. Elle chante également et exécute des danses rituelles, accompagnée de tambours qui sont eux-mêmes des dieux, pour invoquer les esprits. Ce sont souvent des femmes initiées.
Hounsi «bossale» : C’est l’initié au premier degré.
Hounsi «kanzo» : C’est l’initié au second degré.
Ifé : Quartier général des esprits, la Ville Sainte (Ville-aux-Camps, l’Olympe vaudou, la Guinée céleste) équivalente de la Jérusalem céleste des Chrétiens. L’étoile à huit branches est le symbole d’Ifé.
Kay-loa (maison-loa) : C’est le hounfort, le temple ou le sanctuaire des esprits. On le nomme également «kay-mystère» de façon plus intime.
Lampe : Technique utilisée en magie de feu afin de canaliser l’énergie des forces suprêmes de création maléfiques ou bénéfiques pour la réalisation d’un vœu. On en distingue différents types: La lampe de chance (ou de travail), la lampe de charmes, la lampe d’expédition à caractère désastreux et maléfique.
Lampe éternelle : C’est l’équivalent vaudou de la lampe du sanctuaire. Elle repose au milieu du rogatoire.
LaPlace : Le maître de cérémonie dans le vaudou. Il est armé d’un sable ou d’une machette, et seconde le Hougan.
Libation : Cérémonie de «jeter dlo» (verser de l’eau).
Loa : Esprit, ange ou «mystère».
Les loas du rite Rada (ou Arada) sont: Aïzan, Loko Atissou, La Vierge Caridad, Sainte Élisabeth, Maîtresse Erzulie Fréda, Grand-mère (Grann) Erzulie (Fréda dans sa vieillesse), Damballah Ouèdo, Aïda Ouèdo, Atibon Legba, Agoué Aroyo, Maîtresse LaSirène, Agassou Gnénin (Djémé), La Famille Simbi, La Famille Ogou, Azaka Médé, Cousin Zaka, Agaou Tonnerre, Sobo Kessou, Badè, Les Marassa, La Famille Guédé (Les Morts).
Loas Rada servis sous la bannière Pétro: Legba, Simbi, Bossou, Agaou, Kafou (Carrefour), Marassa, Erzulie, Damballah, etc.
Loas Congo: Les trois femmes d’Égypte (La Reine Congo), Roi Ouangol, Amine, Danwezo (les trois Rois Mages), Simbi Ganga, Bazou Menen, Yatibwa Kento… des esprits-hommes. Les loas Ouangol, Amine et La Reine Congo sont vénérés avec ferveur dans le Sud d’Haïti; alors que Danwezo est plutôt connu dans le Nord et surtout le Nord-Ouest d’Haïti.
Loas Nago: Les Ogou (Ossangne Guegui Malor, Ogou Batallah, Balendjo, Badagri, Ashadeh, Shango, Ferraille, Olisha, Balomi, Balisère, Palama, Ossangne Bacouleh, Ogou Cancannican, Ogou Yamsan, Ogou Tonnerre…). Le rouge, la couleur des Nago, l’esprit du feu. Rite Nago, danse guerrière des Ogou. Ces loas de la famille Nago ont été intégrés au rite Rada.
Les Gardes (esprits guerriers): Marinette, Mapiangueh, Lenglesou, etc.
Loa Saint Jacques ou Saint Jacques Majeur, chef des Ogou. Comme Ogou Balendjo, Ossangne est un Ogou mouillé. Vierge Caridad, Sainte Rose, Sainte Élisabeth, probablement des doublets de la déesse Fréda, n’ont pas d’autres noms que celui de la Sainte elle-même.
Ogou Ashadeh, Ogou Ferraille, Ogou Badagri, Ogou Balendjo, les quatre, dans certaines régions d’Haïti, sont pourtant identifiés à Saint Jacques Majeur. En règle générale, ce dernier représente Ogou Balendjo; Saint Pierre, Legba; Saint Georges, Ogou Ferraille; Saint Joseph, Ogou Badagri. Cependant, dans l’Ouest d’Haïti, Saint Joseph représente également Loko Atissou.
Les Ogou des rituels Rada, Pétro, Congo, Nago et Makaya sont : Ogou Bacouleh (Rada); Ogou Shango (Pétro); Simbi Ganga (Congo), équivalent de Saint Michel Archange; Legba Nago (Nago) et Simbi Makaya (Makaya), équivalent d’Ogou Ferraille.
Si les Ogou nettoient la route aux initiés, Dantor la prépare et Fréda installe précieusement son homme. Il ne faut pas alors trop mettre l’accent sur une distinction complète entre ces deux maîtresses.
«Nan Souvenance» (Rada-Dahomey), «nan Soucri» (fief des Congo), «nan Badjo» (Nago), ces trois hauts lieux mystiques d'Haïti constituent le triangle sacré et représentent trois grands rituels vaudou: Rada-Dahomey, Congo et Nago.
À Port-au-Prince (Ouest d’Haïti), c’est le culte Pétro qui est à l’honneur. Dans le Nord et le Nord-Ouest, le culte des «Guédé» y est absent, alors que les «Pierre» y sont vénérés.
Il est à noter cependant que les jours d’opération ou jours consacrés aux esprits varient dépendamment de l’opérateur, c’est-à-dire à la discrétion du Hougan ou de la Mambo, et en fonction des régions, des zones, des départements, des us et coutumes locaux, et de l’accoutumance des «habitations». Ce même problème existe et persiste quand on fait la relation entre les loas et les images catholiques correspondantes; ce qui laisse sous-entendre une pluralité des lieux, des hommes et de leurs secrets.
Loa-marassa : Esprit-jumeau double qui symbolise l’enfance du monde.
Mambo : Prêtresse du vaudou. On l’appelle également «Divinèse». Quand elle pratique la magie noire, elle est désignée sous le vocable de «loup-garou». Dans le cas d’un Hougan, c’est un «bocor».
Manger-loa : Cérémonie vaudou où l’on donne à manger aux esprits. On parle de «manger-marassa», de «manger-les-morts», de «manger-les- anges».
Ogan : Cloche.
Pé : autel dans un sanctuaire vaudou. Se dit encore «Pégi».
Péristyle : Grande salle qui prolonge le sanctuaire vaudou, réservée aux cérémonies et danses publiques.
Père-savane : Personnage très populaire qui mime la conduite et les responsabilités d’un prêtre qu’il représente officieusement dans les campagnes haïtiennes.
Pierre-tonnerre : Pierre triangulaire trempée dans l’eau bénite, dans l’huile ou dans un bain aromatique. Elle représente un dieu ou un loa.
Pitite-feuille : Celui ou celle qui a reçu l’Initiation d’un Hougan ou d’une Mambo. Il ou elle devient son «Papa-feuille» ou «Manman-feuille».
Porte-drapeau : Ils sont au nombre de deux.
Pot-tête : Pot de tête contenant l’âme de l’Initié.
Poteau-mitan : Pilier central et sacré du péristyle, aussi appelé «Poteau Legba» qui est en somme le poteau des esprits.
Reposoir : Arbre favori servant de résidence à un loa. Celui-ci peut avoir plusieurs reposoirs.
Serviteur : Une personne qui pratique fidèlement le culte des «esprits» vaudou en leur présentant de façon régulière des offrandes.
Sobagui : L’une des trois pièces du hounfort.
Vèvè : Dessin ou motif, à base de farine, tracé à même le sol au pied du pilier central, qui est l’emblème d’une divinité que l’on désire invoquer. Marque distinctive d’une écriture symbolique des esprits laissée par les ancêtres. C’est l’héritage, la Bible de l’Afrique animiste (Max Beauvoir). Vestige de la culture totémique (Louis Maximilien).
Les vèvès descendent de la tradition religieuse des Indiens. Ces derniers les réalisaient par des procédés analogues à ceux des Haïtiens. Au cours des temps, les motifs indiens ont été partiellement remplacés, sous l’influence coloniale française, par ceux de la magie (symboles kabbalistiques). Ceux-ci ont été adoptés par le vaudou dans un esprit religieux qui obéissait à la tradition indienne (Dr Louis Maximilien).
Zambos : Métis d’indiens et de nègres.
Zémès : Dieux du panthéon indien d’Haïti.
Zen : pot de terre (rite Rada) ou de fer (rite Nago) utilisé dans le boulé-zen.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
1.    Milo MARCELIN : Mythologie vodou (Tomes I et II), Les Éditions Haïtiennes, Port-au-Prince, 1949-1950. 
 
2.    Dr Louis MAXIMILIEN : Le vodou haïtien, Impr. de l’État, Port-au-Prince, 1945. 
 
3.    Milo RIGAUD : La tradition voudoo et le voudoo haïtien (son temple, ses mystères, sa magie), Niclaus, Paris, 1953. 
 
4.    Lorimer DENIS : Origine des loas, in Mémoire de l’Institut Français d’Afrique Noire, Dakar (Sénégal), 1953. 
 
5.    Alfred MÉTRAUX : Le vaudou haïtien (1958), Gallimard, Paris, 1977. 
 
6.    Eddlyn DESRUISSEAU : Les amantes du mystère, Humanitas / Nouvelle Optique, Montréal, 1989.
 
7.    Jacques Stéphen ALEXIS : Du réalisme merveilleux des haïtiens, in Présence de Jacques Stéphen Alexis, Publication du CRESFED (Centre de recherche et formation économiques et sociales pour le développement), Port-au-Prince, sans date de parution, pp.23-65. 
 
8.    Jean PRICE-MARS : Ainsi parla l’oncle (1928), Leméac, Montréal, 1973. 
 
9.     Lorimer DENIS et François DUVALIER : Évolution stadiale du vodou, Port-au-Prince, 1943. 
 
10.   Claude PLANSON : Le grand livre du vaudou, Librairie de l’Inconnu, Paris, 1999. 
 
11.   J. C. DORSINVILLE : Vodou et névrose, La Presse, Port-au-Prince, 1931. 
 
12.  Dr Jean Baptiste ROMAIN : Le vaudou haïtien, Impr. de l’État, Port-au-Prince, 1970. 
 
13.  Emmanuel C. PAUL : Panorama du folklore haïtien, Impr. de l’État, Port-au-Prince, 1962; Fardin, Port-au-Prince, 1978.
14.  Placide DAVID : Héritage colonial en Haïti, Madrid, 1959. 
 
15.  COLLECTIF: Ancestral rays, Journey through haïtian history and culture, Illustrated with the works of Hërsza Barjon, Old Dillard Museum, February 10-March 31, 2005. 
 
16.  Léonce VIAUD : Le hounfor, in Bulletin du Bureau d’Ethnologie, no 12, 1956. 
 
17.  Alexandre MORYASON : La lumière sur le royaume ou Pratique de la magie sacrée au quotidien (1986), Impr. du Corrézien, France, 1993. 
 
18.  René GIRARD : Des choses cachées depuis la fondation du monde, Grasset, Paris, 1978. 
 
19.  Laënnec HURBON : Dieu dans le vaudou haïtien, Payot, Paris, 1972.
 
20.  Robert AMBELAIN: Jésus ou le mortel secret des templiers, Laffont, Paris, 1970. 
 
21.  Jean-Louis BERNARD : Apollonius de Tyane et Jésus, Robert Laffont, Paris, 1977. 
 
22.  Réginald O. CROSLEY: The vodou quantum leap, Llewellyn Publications, St-Paul, MN ( USA), 2000. 
 
23.  Louis SÉCHANT et Pierre LÉVÊQUE : Les grandes divinités de la Grèce, Paris, 1966. 
 
24.  Mircea ELIADE : Traité d’histoire des religions, Gallimard, Paris, 1949. 
 
25.  Mircea ELIADE : Initiation, rites, sociétés secrètes, Gallimard, Paris, 1959. 
 
26.  Jean KERBOULL : Le vaudou, magie ou religion, Robert Laffont, Paris, 1973. 



mardi 19 avril 2016

jeudi 14 avril 2016

EPE EKPE



Nos Ancêtres Guins ou Gês, originaires d’Accra au Ghana, avaient conçu ce système de fête nationale pendant leur exode vers la côte du Bénin en l’honneur de leur Roi, pour marquer en même temps la fin du cycle de l’année. Depuis l’immigration des Gês dans la seconde moitié du 17ème siècle, exactement en Septembre 1662, conduits par les Princes Tugban : FOLIBEBE, FOLI-HEMAZRO, AMA KPASSAM et ASHIONGBON et la fondation de leur Capitale à Glidji, cette fête est célébrée chaque année dans tous les pays
Gês ou Mina.



C’est à Glidji Kpodji, la cité sacrée des Gês que cette fête débute chaque année, au courant du treizième mois lunaire. Elle ne prit l’importance qu’on lui connait aujourd’hui qu’en 1680 quand un second groupe de réfugiés atteint Glidji amenant avec lui des attributs royaux qui venaient compléter ceux déjà amenés par les Princes Tugban (les « Vodu” et la Pierre Sacrée) qui sont encore actuellement installés à Glidji Kpodji. Mais quelques années plus tard, l’insécurité persistant, les Gês de Glidji prirent la décision de cacher le Siège Royal à Zowla.

ÉVOLUTION 

Les prêtres de SAKUMA, de KOLE et de LAKPA appelés “WULOMO” se réunissent à Glidji Kpodji au mois de Juillet, à huis clos pour faire une cérémonie appellée “Nma dumo” (semeuse de maïs) . Cette cérémonie a lieu dès qu’on aperçoit la nouvelle lune pour la première fois en Juillet. Après cette cérémonie, les prêtres s’imposent l’abstinence de tamtam, de funérailles, abstinence très rigide observée par les membres du clan de Sakuma, Kolé, Lakpa, Djobu, Nyigblen, Mama Chawoé, Mama Nyagan (Yadoudou), Kpessou etc… Le »Wulomo » de Lakpa est responsable de l’annoncer aux autres Huno et aux fidèles. (ceci n’est pas encore public, seuls les Huno et fidèles de Sakuma, Kolé, Lakpa etc sont informés).
Deux à trois semaines après, le Roi de Glidji annonce les mêmes observations, non seulement pour Glidjiville, mais pour tout le pays gê. Après l’annonce, les funérailles n’ont plus lieu, les tamtams et coups de fusils ou de canons ne doivent plus se faire entendre, les familles éprouvées par le deuil ne doivent ni pleurer ni paraître tristes. En ces moments les condoléances s’expriment en ces termes : « do de mu léo« . (pas de travail), ce qui veut dire: pas de tristesses ou de traces de célébrations funéraires.
Si quelqu’un meurt dans la famille des fidèles des dieux cités plus haut, on dit : « éyi wlome« , ce qui veut dire qu’il est parti dans l’invisible, dans le cosmos ou univers. Cette prohibition de taper sur le tamtam dure jusqu’au dernier quartier du 13ème mois lunaire en Septembre. Les prêtres de Sakuma, de Kolé et de Lakpa se réunissent à Aného au quartier Dégbénu Kpota dès le premier jeudi de la nouvelle Lune du 12ème mois (quelque fois au mois d’Août/Septembre) pour fixer la date de la cérémonie d’EPE EKPE (fonction de deux années indigènes, celle qui finit et la nouvelle qui commence). La fête elle-même s’appelle EPE EKPE et non YEKE YEKE comme quelques-uns ont l’habitude de l’appeler. C’est le couscous qui s’appelle « yêke yêke » et non la fête qui est plutôt nationale et traditionnelle.


CEREMONIES RITUELLES

Au cours des derniers jours de la 13ème lune, les Gêsexécutent une suite de cérémonies dénommées : « Motata ou Kpéssosso, ce qui signifie, préparation ou réparation des routes ou pistes ou la prise de la Pierre Sacrée à Glidji Kpodji ou encore consultation des oracles. Ces cérémonies commencent le Jeudi dans l’aprésmidi et se déroulent sur quatre jours. Les Gês se rendent en foule aux temples des dieux « GE-VODU » : Gbugblen (Nyigblen), Kpessou, Agbami, Klan, Chawoe, Kolé et principalement SAKUMA(dieu de la guerre et des forgerons dont on détient, en l’invoquant, la prophétie de se que sera l’année qui va commencer. Les consultations déterminent la couleur de la pierre qui servira à la célébration.
Après l’invocation, le prêtre de Kolé, entouré de ses « Hunowo » présente aux spectateurs venus de tous les coins du pays et même de l’étranger, une pierre (non ordinaire) dont la couleur explique le présage obtenu. La pierre blanche présage une année heureuse, une pierre noire est par contre le signe de deuil. La pierre rouge et la pierre bleue avertissent d’un danger qui peut se porter soit sur les hommes soit sur leurs activités (récoltes, pêches etc.). Le vert est la couleur de l’espoir et la pierre jaune annonce une année de bonne santé pour les vieux.
On joue des tamtams, on danse pour la première fois depuis la prohibition en Juillet. Le Roi de Glidji ainsi que les principaux Chefs Traditionnels d’Aného, d’Agoué, d’Agbodrafo, etc., envoient leurs délégations conduites par leurs porte sceptres avec des dons aux divers prêtres à Glidji Kpodji. La danse exécutée à cette période s’appelle : « Sidudu » ou « Oshie » en langue d’Accra.

NUALI YOYO ou Appel des morts

C’est en quelque sorte la Toussaint des chrétiens, Cette cérémonie se fait le lendemain (Vendredi) de la manière suivante. Vers 9 heures du soir un tam-tam spécial de guerre appelé « AKLEMA« ou « AMETHAHUN » retentit brusquement au Palais Royal à Glidji (Ahuégamé). A cet écho, tous les quartiers d’abord et ensuite tous les villages environnants s’acclament par bruits, chants, tam-tams divers jusqu ‘à l’heure voulue, car depuis un mois et demi, il y a eu interdiction totale de jouer au tamtam. De nos jours, les modifications suivantes ont été apportées aux cérémonies de « Nualiyogbe« : le matin une messe de Requiem est demandée par le Roi de Glidji à laquelle toute la population assiste dans l’église St Christophe à Glidji à partir de 8 heures. Vers 3 heures de l’après-midi toute la population, hommes, femmes et jeunes gens se rassemblent sur la place publique de « Huntigome » avec bougies allumées en main. A 4 heures précises, la population se range en procession avec les chefs de quartier, les notables, hommes et femmes, en tête et se dirigent lentement avec un sérieux recueillement, sans bruits, dans une sorte de prière silencieuse vers les trois emplacements de cimetière (protestant, païen et catholique) et y dépose près des tombeaux de leurs parents les lumières qu’elle apporte en guise de pieux souvenir qu’elle porte, en ce moment, de renouvellement de l’an, pour eux dans l’au-delà. Il est à noter ces tombeaux sont auparavant nettoyés et décorés des fleurs par leurs parents… Cette modification est introduite par Fio AGBANO II, le roi de Glidji pour s’adapter aux circonstances actuelles, où l’on n’enterre plus les morts dans les cases comme cela se faisait avant son intronisation en Mai 1929.
Dans la maison royale à Glidji, la cérémonie de Nualiyoyo se fait de la manière suivante: le matin les sièges des rois défunts sont badigeonnés de craie; on lave la percale qui recouvre les trônes, on balaye et lave le « Yohome ». On prend de la vase du lac pour badigeonner le sol. Le soir on allume une lumière dans la grande cour du Palais royal avec du bois d’Atite (arbre qui se trouve dans la cour même du Palais) et qui est légendaire.

NUHEHLE

Émiettement d’aliment qui se fait le samedi. On égorge en honneur des morts, boucs, moutons, poulets, voire même des bœufs.
Le jour le « Nuhehle » vers 7 heures du matin le Roi de Glidji entouré Tassino (tantes), des princesses, princes et leurs membres de famille font une petite procession de la maison royale àAhuegame en émiettant « Ablofoto » (pair de maïs mélangé de l’huile de palme ». Dans la cour sont attachés à l’arbre des boucs et un bœuf. Le Roi prie sur la tombe de ses ancêtres; il évoque les malheurs arrivés à la famille et demande le pardon des péchés. Il demande également du bienêtre pour l’État, la pluie pour les champs et la bonne récolte. Des demandes individuelles des membres du clan sont confiées au Roi qui ne les oublie pas pendant ses invocations. Ensuite les tantes répètent les mêmes rites . . .  Et on emmène les boucs et le Roi parle dans leur oreille gauche en leur demandant d’emporter ses péchés personnels et ceux de l’Etat. Et puis le sacrificateur, désigné après les cérémonies rituelles nécessaires, les tue et verse un peu de leur sang dans la tombe et non sur les sièges. Pendant ce temps, le Roi se retire à l’antichambre pour faire des prières en secret.
Après quelques pas de danse au son d’ »Atopani » à la cour, on dépèce les boucs et le bœuf tués, pour préparer de la sauce. On prépare du « Yèkèyèkè » (sorte de couscous de maïs). Quand les mets sont prêts, le Roi, les tantes et les membres de la famille refont les mêmes cérémonies dans le « Yohome » à Ahuegame. On émiette ces mets par terre et ensuite on donne à manger à tout le monde présent, d’où le nom de « Yakawokae », car un étranger peut aussi bien en manger sans payer. Ce jour est le moment de réconciliation des membres et amis de familles en querelles. Les ennemis se réconcilient et mangent ensemble.

Dans l’après-midi, le Roi invite tous les chefs guerriers, notables, chefs de quartier et leur distribue des mets, des boissons et de l’argent et tout le monde rassemblé à Ahouegame prend part au repas commun : « Yake Yake ». Les tamtams de guerre « Gbekon » et « Atopani » mêlés du son de l’orchestre d’ »Akofe » d’Assiongbon Dadje battant son cours, chacun est invité à danser suivant le rythme du tamtam choisi par luimême jusqu’à la tombée de la nuit. L ‘ ancienne année finit le samedi : « Nuhlegbe« .
NLOWOANAGBE = Jour de bons souhaits qui est le dimanche : jour de nouvel an indigène. L’année nouvelle commence ce jour- là. Vers l’aube, on pleure les morts. Ce geste est en souvenir des parents et amis qui durant l’année qui vient de s’écouler, ne sont plus en vie pour fêter l’EPE EKPE avec les vivants aujourd’hui. Après cette cérémonie, on se promène par petits groupes dans les concessions pour formuler des souhaits en ces termes : Nlowoa, Nlowoa (qui signifie prends ou reprends vie) Ewla miwla, Afi nakpê, Fikpê Nana, Akpê bobobo. Evo ê ne to dji, Enyoê né va anyigban. Téti né no agbé ne téka ne vu do énti ….. Mia yo Ako bé Ako. Dévio do Akpé, miatschan mido. Nuké mikpo Epé déa méa Mim’gba kpo yéké Epé kéa méo. Les ennemis mêmes se réconcilient et s’entendent avec ces bons souhaits réciproquement ce jourlà. Car ce jour de NLOWOA est saint. Ce dimanche ont lieu diverses réjouissances à la maison royale et sur les places publiques. Le Roi sort en procession. Il fait des dons en espèces aux divers groupements qui viennent l’amuser avec leur tamtams ou autres musiques. Il organise des banquets pour les invités de marque de son royaume.
Dans le cadre d’adaptation avec les circonstances actuelles, Fio AGBANO II a institué qu’un service religieux soit célébré dans chaque église ou temple pour remercier le Créateur de son don de vie qui nous a si gracieusement préservé jusqu’à ce jour de nouvel an.

Le lundi d’EPE EKPE s’appelle « AMLOKUVIGBE » (c’est le jour de la semence dans la petite saison de l’année). Ceux qui n’ont pas pu se rendre visite le dimanche, le font maintenant en souhaitantNLOWOA à tout le monde. C’est le jour des enfants. Les enfants par groupement rendent visite de maison en maison pour apporter aux habitants leurs vœux de bonheur et de longue vie parNLOWOA. On leur donne des cadeaux divers (gâteaux ou pièce de monnaies). Les réjouissances continuent.
Le mardi d’EPE EKPE s’appelle VODUDOHOGBE ou SIDUGBE à Glidji, tandis que le dieu LAKPAsort du quartier Ela à Aného ce même jour pour la première fois. A Glidji Kpodji on clôture les cérémonies. Tous les principaux Chefs de la côte envoient leurs récadères assister à la clôture, comme ils les ont envoyé à l’ouverture des cérémonies. En ce moment on danse sur la place publique au quartier Ela à ANEHO.
Le mercredi, la danse continue au même endroit (quartier Ela) et ce jour- là, le chef féticheur de Lakpa, c’est à dire : WULOMO, sort avec le Dieu pour assister aux cérémonies de danse de ses fidèles.
Le jeudi est le jour de la rentrée du dieu Lakpa dans son temple pour ne plus en sortir qu’à la fête prochaine. Avec ce jour, la fête principale d’EPE-EKPE est terminée. Néanmoins les principaux chefs de familles font leur banquet continuellement. Dès lors, quand il y a un décès, on peut pleurer, mais sans tirer des coups de fusil ou de canon. La prohibition de coups de canon ou fusil finit à la nouvelle lune de Décembre seulement le premier mardi. On dit alors que les dieux retournent à la mer. VODU DJ’APU.
Les générations successives font de l’ensemble de ces manifestations traditionnelles une coutume sacrée que nous continuons aujourd’hui par le respect dû à nos ancêtres.

jeudi 7 avril 2016

La communauté Guin veut en finir avec les rififis qui entourent la prise de la Pierre Sacrée. Hier mardi à Aného, les rois et chefs traditionnels Guin ont animé une conférence de presse à cet effet. Conférence au cours de laquelle, ils ont fait l’inventaire des problèmes et radié définitivement le prêtre Ni Mantché de la corporation des gardiens des us et coutumes du pays Guin.

Désormais, le prêtre traditionnel Aminou Ayayi dénommé Ni Mantché ne conduira plus la grande cérémonie traditionnelle qui réunit le peuple Guin. Considéré comme "une brebis galeuse" et un "fauteur de troubles" au sein de la communauté des prêtres Guin, il a été définitivement exclu de toutes les cérémonies des divinités Koley.

Il est accusé d’avoir profané et souillé le symbole sacré de la tradition, en transformant la Forêt Sacrée en lieu de débauche.

« Il a toujours profané les lieux du culte et dévoyé les cérémonies cultuelles au point de transformer la Forêt Sacrée en un lieu de débauche et d’actes incompatibles aux règles qui précisent à la quintessence de ce haut lieu où se retrouve l’âme du peuple Guin », a souligné Dossavi Anoumou, Porte-parole des rois et chefs traditionnels Guin dans sa déclaration liminaire

Selon ce dernier, Ni Mantché a érigé la Forêt Sacrée comme siège d’une association de prêtres cosmopolites à sa dévotion. Chose que Guin Fiogan n’a jamais acceptée. En outre avec ces complices, il fait installer une stèle de culte des jumeaux, acte incompatible avec les us et coutumes du peuple Guin. 

Mais comme cela ne lui suffisait pas, ce prêtre a aussi introduit dans la Forêt Sacrée des communautés étrangères pour soi-disant, leur faire des cérémonies rituelles, alors même que celles-ci ne sont en rien liées aux 41 divinités Koley. 

mercredi 6 avril 2016

mardi 22 mars 2016

vodou LEGBA

LE VODOU LÈGBA, UN DIEU SINGULIER DE LA GALAXIE VODOU.

Dans l’aire culturelle Adja-Tado qui regroupe le Togo, le Bénin et une partie du Nigéria, le vodoun (terme traduit de manière approximative par : esprit surhumain, force, puissance ou divinité) est un ensemble établi de croyances, de rites, de mythes à la structure particulière, fondé principalement sur des entités ou fétiches appelées vodoun ou vodou qui sont organisées en familles, hiérarchisées en panthéon et dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance.  Plus qu’une religion, le vodou est un mode de vie.

Par le biais de l’esclavage, le vodou s’est exporté en Occident et a donné naissance  à des formes religieuses au Nouveau Monde, connues sous le nom de vaudou à Haïti et de candomblé au Brésil.

Selon la mythologie la plus répandue dans l’aire culturelle Adja-Tado, à l’origine du monde actuel, on trouve Mahou ou Mawu à laquelle est, sous entendu,  associée une autre divinité : Lissa. En ce sens, Mawu désigne une paire de divinités.  Mawu est féminin, Lissa, masculin. De ce couple primordial seraient nés plusieurs  enfants dotés de pouvoirs surnaturels. Les vodou ou tout du moins, une grande partie d’entre eux, seraient les enfants issus de l’union de Mawu et de Lissa, le dernier-né de cette nombreuse famille étant Lègba.
Les fétiches ou vodou seraient donc, des médiateurs entre « Dieu et les hommes ». Pour ces derniers, « ils obtiennent des faveurs », mais sont également les « exécuteurs des vengeances divines ». Il vaut mieux ne pas les croiser, car « leur rencontre est danger de mort». Les vodou emprunteraient une enveloppe Inhumaine pour descendre sur terre et ce, uniquement entre midi et une heure, et la nuit entre minuit et le chant du coq.
Le panthéon vodou offre une galaxie de près de trois cents divinités hiérarchisées, mais l’ordre de cette hiérarchie est fortement lié aux différents lignages. Les principales divinités de cette galaxie sont :

 
Xêvioso ou chango: c’est une divinité du ciel qui se manifeste par la foudre. Symbolisé par une double hache, il est le dieu justicier qui châtie les voleurs, les menteurs, les malfaiteurs.


Sakpata ou chakpana: est le Dieu de la terre, il est très craint et les gens n’osent pas prononcer son nom. C’est la divinité qui propage la variole


 


  Dan : c’est le serpent. Il se manifeste à travers l’arc-en-ciel. Il peut aussi se présenter sous forme d’un homme et combler de richesses ceux qui l’accueillent bien.


















































  


 


Gou : c’est la divinité des forgerons, des chasseurs ou de tous ceux qui manipulent le fer ou les armes en fer. C’est un dieu représenté par un amas de ferrailles. Il protège mais il peut punir également par des accidents sanglants.


































Lègba ou Elegbara ou Eshu : c’est le Dieu de la croisée des chemins, le vodou du désordre de la méchanceté, de l’intelligence et de la ruse. Il remplit des fonctions et des rôles bien souvent contradictoires qui ne sont pas sans rappeler Hermès.

A ces divinités majeures s’ajoutent les divinités secondaires.
Chacune de ces divinités a des adeptes initiés qui leurs font périodiquement les cérémonies rituelles.
Cette année aussi, dans tout le pays, les couvents et les temples ont été remis à neuf pour la circonstance et les vodounon (maître vodou) et les vodoussi (adeptes du vaudou) se sont parés pour célébrer leurs divinités comme ici sur la photo.







Une danse de vodoussi

Toutfois, de  toutes les  divinités du panthéon vodou, manifestement, Lègba est la figure du Vodou la plus familière, mais aussi la plus singulière.










LEGBA OU AGBO LEGBA :

LE DIEU DE LA CROISEE DES CHEMINS.

 
 














Le vodou Lègba ou Agbo-Lègba se retrouve chez les populations Ewé, Adja, Mina, Fon, du Bénin et du Togo et chez les populations yorouba du Bénin et du Nigéria sous le nom d’Elegbara, Eshu-Elegbara, Eshu-Bara ou encore Eshu. Dans le culte Vaudou haïtien, le dieu Legba est vénéré sous deux formes contradictoires : la forme d’un enfant rebelle, ou la forme d’un sage vieillard estropié marchant à l’aide d’une canne.
Le terme Agbo signifie barrière dans le sens d’entrée, seuil  ou portail des maisons, des quartiers des agglomérations ou des cités. A ce titre, Agbo-Lègba est un rempart contre les ennemis réels et mystiques de la famille, de la cité ou de la communauté. Par extension Agbo-Lègba désigne  le Dieu des frontières, du chemin ou  de la croisée des chemins.
La légende de Lègba
D’après la légende, Lègba ou Elegba est le dernier fils de Mawu et de Lissa.

Mawu, l’être suprême, convoqua les vodoun pour les envoyer sur terre. Lègba se présenta alors, le premier, sans prendre le temps ni la politesse d’apporter un présent, vêtu d’une simple plume sur la tête. Aussi Mawu fâchée le renvoya. Dépité, Lègba descendit sur terre, sans instructions, sans but véritable. Il erra dans des lieux inconnus, ne sachant que faire. Comme il connaissait les langues des deux mondes, celui des divinités et celui des humains, il mit à profit cette errance, en devenant leur messager.
D’autres mythes indiquent que Lègba pourrait être, non pas le dernier-né, le « favori» de Mawu, mais au
contraire, son premier-né, un enfant malformé qui aurait précédé longtemps auparavant, le cycle des enfants normaux.

Quoi qu’il soit, sa venue est toujours placée sous le signe de la ruse, de la rapidité d’esprit, de l’intelligence, du désordre. Il se présente toujours le premier, volant ou essayant de voler la place des autres.
La représentation de Lègba

 
 














Toutefois, Lègba vodou du golfe du Bénin est tout aussi divers dans ses matérialisations que dans ses attributions.
Les caractéristiques de Lègba.



Agbo Lègba a plusieurs caractéristiques.
– Lègba, vodou du désordre et de la colère. Divinité de la puissance, de la force qui se déchaînent dans la querelle, la discorde, la colère, le meurtre, la guerre, le cauchemar, la folie passagère, (et même) les rêves érotiques»
– Lègba, vodou de la méchanceté.  Il ne cherche qu’à nuire aux hommes, et il faut sans cesse l’apaiser par des sacrifices et des offrandes.
– Lègba, vodou de l’intelligence et de la ruse.
Lègba est souvent présenté comme une sorte de lutin au comportement à l’équilibre fragile: il peut être très farceur, mais aussi prêt « aux pires méchancetés », en même temps, il se laisse facilement cajoler, si on sait s’y prendre, avec des sacrifices, des prières ou des libations, et surtout de la nourriture.
Les fonctions de Lègba
Ainsi que ses caractéristiques, les fonctions de Lègba sont multiples.
– Lègba, messager des hommes et des vodou.
Agbo-Lègba est le messager privilégier des hommes et des vodous car le seul à les comprendre tous, voila pourquoi on ne peut commencer libation et sacrifice à un grand nombre de vodou sans en offrir les prémices à Lègba afin d’obtenir son concours comme médiateur ou intercesseur.
– Lègba, gardien de la propriété.
Il est le gardien des propriétés ce qui explique, son installation devant les maisons et aux carrefours, endroits terriblement ouverts et dangereux, qu’il a mission de protéger. Il protège la route de tout danger
– Vodou de la génération
Représenté avec un phallus démesuré, il est le vodou de la fécondité ou de la reproduction, un vodou de la génération qui serait « susceptible de donner ou de refuser des enfants» à qui il veut.
La cérémonie de Lègba
Dans le culte vodou, il est admis que toutes choses heureuses et malheureuses arrivent par la volonté de Lègba avec la permission des vodou supérieurs. Mais, la seule manière d’éviter cela est de lui accorder son temps, il faut lui parler, lui donner à manger et à boire abondamment.
Les adeptes du vodou n’entreprennent jamais un long déplacement sans demander la route à Agbo-Elègba, le vodou du chemin afin qu’aucun malheur ne survienne en route.
Généralement les cérémonies Vodou commencent  toujours par les offrandes à Lègba et son invocation passe par une louange dont voici le  refrain culte.
Iba l’Agbo é Agbo mojuba !
Iba  l’Orisha.
Iba l’Agbo é Agbo mojuba o!
B’omodé korin adjuba Agbo é
Agbo mojuba
F’èlègba eshu ona
Quoi qu’il en soit, Agbo-Lègba est censé apporter protection, paix et prospérité, mais  il peut également punir.  C’est un vodou dont les  caractéristiques multiples et contradictoires, aussi bien dans son nom, dans ses formes, dans ses attributs que dans ses fonctions font de lui un vodou singulier.
.Qu’on soit adepte ou non, le vodou reste une réalité culturelle forte dans laquelle on naît et avec laquelle on vit au Bénin et dans plusieurs pays du golf du Bénin, malgré la percée des églises du réveil. Le champ du vaudou reste encore aujourd’hui très vaste, ésotérique et complexe. Et le mystère est bien entretenu au sein des couvents et forêts sacrées où l’héritage est légué au fil des générations à travers une tradition orale.




mardi 15 mars 2016

le vodou est une tradition ancestrale que l'on pratique depuis la nuit des temps en Afrique